De tous les jeux dangereux des cours de récréation, le jeu du foulard est sans doute le plus médiatisé. Mais êtes-vous pour autant suffisamment informés à son sujet ? Et connaissez-vous les autres jeux dangereux, souvent à base d’intimidation et d’agression ?

De tous les jeux dangereux des cours de récréation, le jeu du foulard est sans doute le plus médiatisé. Mais les parents sont-ils pour autant suffisamment informés à son sujet ? Et connaissent-ils les autres jeux dangereux, souvent à base d’intimidation et d’agression ?


Deux types de jeux dangereux

Les jeux d’asphyxie et les jeux d’agression sont les deux principales catégories de "jeux dangereux".

Les jeux d’agression sont généralement calqués sur le modèle suivant : des élèves choisissent à un instant donné un autre élève pour cible et l’agressent physiquement en groupe. Ils ont différentes variantes :

- parfois, les élèves concernés victimes participent volontairement à ce jeu : par exemple, les participants se passent une balle ou un objet, et la règle veut que celui qui ne le rattrape pas se fasse taper par les autres (jeu du pont massacreur, de la canette ...)

- parfois aussi, la règle n’est pas connue ou pas acceptée de la part de celui qui est pris pour cible. Par exemple un groupe d’élèves décide que l’enfant dans la cour ou la classe qui dit ou ne dit pas tel mot, ne sait pas répondre à telle question, ou porte telle couleur, doit être frappé par les autres. Jeu de la couleur, jeu de la mort subite ... sous diverses appellations, les variantes sont potentiellement infinies. Le jeu de la ronde, ou un groupe d’enfants simule une bagarre pour mieux brutaliser l’élève qui viendra l’observer de trop près, relève aussi de cette catégorie. De même le jeu du taureau, où un groupe d’élèves fonce tête baissée sur un camarade.

Les jeux d’asphyxie mettent quant à eux en jeu des situations où un élève, de manière apparemment volontaire, soit se retient de respirer, soit est littéralement étranglé par un autre enfant par compression du cou ou du sternum. Le danger devient encore plus grand quand l’enfant, voulant revivre les sensations éprouvées, essaie de reproduire ce jeu seul, au moyen d’un foulard ou d’une ceinture.

Ces "jeux" se dissimulent sous un nombre incalculable d’appellations différentes : jeu du foulard, de la tomate, du cosmos, du rêve, du coma, du rodéo, du pendu, action chiche ou vérité ... Ce sont les plus dangereux : selon certaines sources, près de 200 morts y seraient liées au cours de ces dernières années.


Les jeux dangereux ne concernent pas qu’une petite minorité

C’est chez les garçons, et au collège, que les jeux dangereux sont les plus fréquents. Mais on les repère également à l’école élémentaire, et même au lycée. Selon une étude Sofres, 8 enfants sur 10 connaissent l’existence de ces jeux, principalement du jeu du foulard, du jeu du pendu, du jeu de la canette et d’action chiche ou vérité. Plus encore, 26% des enfants de 7 à 17 ans se sont déjà vu proposer ces jeux, et 12% reconnaissent leur participation.

Interrogés sur leur motivation à participer à ces jeux, les enfants fournissent trois raisons principales :
- faire comme tout le monde, être intégré au groupe
- montrer qu’on est fort, qu’on n’a pas peur
- l’amusement, l’aspect drôle et "rigolo"

Le profil le plus fréquent des jeunes qui participent à ce genre de jeux serait celui de jeunes amateurs de sensations fortes, aimant tester les limites, mais absolument pas suicidaires - bien au contraire. Concernant les jeux d’asphyxie, on distingue fréquemment les participants occasionnels, des participants "accoutumés" voire dépendants aux sensations provoquées, qui reproduisent le jeu seuls chez eux, et présentent de réels risques d’accident.


Prévenir ?

La prévention peut se faire sur différents plans.

Tout d’abord individuellement, en en parlant avec son enfant, en lui demandant s’il a déjà été confronté à ces jeux, et en lui apprenant à dire non.
Décortiquer par le dialogue les trois arguments de l’intégration au groupe, de la bravoure et de l’amusement peut constituer une approche utile. Bien expliciter et marquer la différence entre agresseur et victime est important, exemples à l’appui, afin que l’enfant ne se sente pas coupable ou hésitant à parler s’il est un jour pris dans ce genre de jeux.
Mettre l’enfant en position d’observateur externe, en lui demandant ce qu’il ferait s’il était témoin d’un jeu de ce genre dans la cour se révèle bien souvent efficace pour une prise de conscience du danger de ces actes.
Enfin, il ne faut pas hésiter à parler très clairement des conséquences dramatiques possibles de ces "jeux".

La prévention peut aussi être collective. En effet, de plus en plus d’associations mettent à disposition des écoles des kits pédagogiques, et réalisent des interventions dans des établissements et même dans des entreprises auprès de parents. EDF par exemple s’est engagée dans cette démarche.


Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur http://www.jeudufoulard.com ou sur http://www.sosbenjamin.org